L’Entrepreneuriat Social

Entreprendre, il y a 20 ans, recouvrait bien des réalités, et nourrissait de nombreux fantasmes, mais n’impliquait pour sûr aucun engagement social, sociétal ni même environnemental ! Souvenons-nous : l’innovation ne se conjuguait alors qu’en digital, et ne devait servir qu’à alimenter une création de valeur monétaire, entraînant épanouissement des marchés financiers, et plein emploi…

Il y a 10 ans, le Grenelle de l’Environnement en France a lui doucement réveillé des prises de conscience citoyennes qui, boostées par les réseaux sociaux, ont su accélérer de manière notable le début d’une transition de notre économie vers plus de responsabilité, mais seulement à travers l’engagement de quelques structures pionnières, souvent par ailleurs extrêmement militantes. En réalité, il aura fallu attendre l’année 2019 pour assister à une véritable appropriation des sujets liés au Développement Durable dans nos organisations ! Sur un fond de dynamisme économique retrouvé, l’on aura pu en effet apprécier la création du statut de « société à mission » par exemple, mais également des législations encourageantes, telles que la Loi PACTE, ou encore la Loi dite Anti-Gaspi… Les startups concernées se regroupent en réseaux, les associations créent des labels, et nos grands groupes prennent alors (enfin) des mesures !

Et puis, il y eu 2020, et tous les changements de paradigme associés.  2020, l’année qui nous a permis de renouer avec l’héroïsme entrepreneurial en même temps qu’elle imposait l’exigence d’un impact sociétal dans chaque nouvelle société. 2020, l’année qui a vu nos fonds d’investissement les plus traditionnels intégrer des critères de responsabilités dans leurs choix…

2020, l’année enfin qui a vu nos étudiants réclamer à corps et à cris des formations et des employeurs dignes du monde auquel ils entendent appartenir demain. Mais alors, n’y-a-t-il que de quoi se réjouir et savourer tous ces signaux faibles devenus soudainement forts, une fois confrontés aux réalités de nos excès du passé  ?

Oui, j’en suis convaincu. Mais tout en gardant bien en tête les écueils qui pourraient nous attendre dans les prochains mois. Parmi eux, je citerais en premier lieu l’aveuglement et la naïveté du seul militantisme. Depuis bientôt 13 ans que j’ai créé La Ruche, je ne cesse de le répéter : une entreprise, toute aussi sociale et engagée soit-elle, reste une entreprise, née pour générer du profit, qui lui permette d’accorder une juste rémunération à ses actionnaires, ses dirigeants et salariés, de recruter les talents les plus adaptés au déploiement de son activité, et tout simplement de durer dans le temps.

En second lieu, je citerais le danger de l’isolement, pourtant cher à l’époque dans laquelle nous évoluons. Tandis que l’on a longtemps valorisé ces success stories isolées, et ainsi glorifié le mythe de l’entrepreneur autodidacte et visionnaire, souvent même incompris de ses pairs, on a je crois mésestimé une composante essentielle de la réussite d’un projet : « l’Autre ». L’Autre nous est indispensable. Qu’il soit l’ancien collègue averti, l’hypothétique futur investisseur ou partenaire aguerri, le potentiel client à séduire, ou même parfois le concurrent échaudé, il est le miroir le plus pertinent qui soit à nos ambitions ! Il nous permet de les challenger, et bien souvent de les recadrer pour nous prémunir de futures erreurs. Cet Autre, on le trouve également bien entendu au sein des multiples réseaux et espaces de travail dédiés à notre secteur ou à l’entrepreneuriat en général.

L’incubation a alors ici plus que jamais son rôle à jouer, riche notamment des accompagnements financiers les plus pertinents, à l’instar de notre initiative d’octobre dernier, dont je suis particulièrement fier, aux côtés de Ventech et d’Aviva France. Pour la toute première fois, trois acteurs majeurs en France de l’impact investing, de l’incubation, et du capital-risque s’alliaient pour imaginer ensemble un soutien concret et durable aux startups les plus prometteuses de l’entrepreneuriat à impact : ALLIANCE FOR IMPACT, un fonds d’amorçage, adossé à un programme d’accompagnement en vue de la structuration à la première levée de fonds.

Il semble bien que toutes les parties prenantes de notre société soient désormais prêtes à un changement radical d’échelle dans l’entrepreneuriat à impact ! Je vous confirme qu’il était plus que temps…

Bruno Humbert, fondateur de LA RUCHE.

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