Comment vaincre le « syndrome de l’imposteur »

afin d’accéder à des postes de haut niveau ?

Par Dominique Blais

Avez-vous déjà eu l’impression de récolter un succès que vous ne méritez pas? Êtes-vous soulagé d’avoir pu passer une autre journée sans que quelqu’un découvre à quel point vous n’êtes pas aussi compétent que vos collègues de travail semblent le penser? Vous arrive-t-il de vous dire : « Je ne suis pas aussi intelligent que tout le monde le pense »? Croyez-vous avoir obtenu votre nouveau poste parce que personne d’autre n’a postulé ? Si vous avez répondu OUI à l’une de ces questions, vous souffrez peut-être du « syndrome de l’imposteur ». Beaucoup de gens en souffrent, mais peu sont en mesure de l’identifier clairement.

Le terme « syndrome de l’imposteur » a été cité pour la première fois en 1978 par deux psychologues, soit Pauline Rose Clance et Suzanne Imes dans leur ouvrage « The imposter phenomenon in high achieving women: Dynamics and therapeutic intervention ».

Ce syndrome, qui s’adresse tout autant aux hommes qu’aux femmes, est aussi appelé « syndrome de l’autodidacte ». Il fait référence à un phénomène dans lequel des individus très performants rejettent le succès systématiquement comme étant dus au hasard ou comme ayant l’impression d’avoir trompé les autres en leur faisant croire qu’ils sont plus intelligents ou plus capables qu’ils ne le sont réellement. En fait, il s’agit d’un mécanisme psychologique qui permet à une personne de se préparer à l’échec en guise de stratégie de défense. 

Ce phénomène peut toucher tout le monde, incluant les employés et les entrepreneurs. S’il faut certes une bonne dose de confiance en soi pour se lancer dans un projet d’affaires, il est tout à fait probable que vous viviez des moments d’anxiétés, de la prospection à la livraison du mandat.  

D’ailleurs, le syndrome de l’imposteur est tout aussi applicable aux employés qu’aux dirigeants d’entreprises et non seulement qu’aux entrepreneurs. À titre d’exemple, il n’est pas rare qu’un employé ne pose pas sa candidature afin d’accéder à de nouvelles fonctions par crainte de ne pas avoir les compétences essentielles pour réussir, et ce, malgré le fait que cette personne dispose de la formation nécessaire et qu’elle soit tout à fait apte et outillée pour faire bonne figure dans ce nouveau poste.

Cet article vous permettra non seulement d’apprendre à identifier ce syndrome, mais vous permettra, grâce à la mise en application de 5 étapes faciles, à le combattre afin que vous puissiez enfin retrouver vos pleines capacités.

Comment le reconnaître ?

Malgré l’acquisition des connaissances théoriques et pratiques, de l’obtention d’un certain niveau de succès au sein de l’entreprise et même de l’appui positif des proches et des collègues de travail, certaines personnes croient qu’elles ne sont pas prêtes pour « affronter » les défis liés à un nouveau poste. Elles restent persuadées qu’elle ne le mérite pas. Elles se sentent comme des « fraudeurs » et croient que ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un le découvre.

Cet inconfort permanent crée un stress négatif qui, volontairement ou non, affecte négativement la performance et les possibilités d’avancement de la personne qui souffre du syndrome de l’imposteur. Parmi les effets néfastes, notons les suivants :

  • Bris du lien de confiance qui existe entre un employeur et son employé ;
  • Possible perte de contrats lucratifs pour un entrepreneur ;
  • Détresse psychologique pour la personne qui souffre du syndrome de l’imposteur ;
  • Accroissement du niveau de fatigue, voir même développer une fatigue chronique ;
  • Augmentation potentielle des erreurs ou omissions commises au travail ;

Le renforcement de la réussite, y compris les promotions, les récompenses, les évaluations de rendement positives ou la rétroaction positive des pairs et de la famille, est éclipsé par le doute de soi et le sentiment de culpabilité d’avoir trompé d’autres personnes. Ainsi, les réalisations sont considérées comme une preuve supplémentaire de fraude et elles ne sont pas intériorisées.

Les revers sont attribués à des traits et qualités personnelles négatifs stables et ont tendance à exercer une influence profonde sur l’estime de soi de l’individu. Mais les réalisations sont rejetées comme des coups de chance qui n’ont vraiment rien à voir avec elles, et ont tendance à avoir peu d’influence sur l’estime de soi.

Comment faire face ou vaincre le syndrome de l’imposteur ?

Si vous vous sentez comme un imposteur intellectuel, notez ce que vous ressentez. Y a-t-il un certain moment de la journée, un certain ensemble de circonstances ou un certain moment dans le cycle d’un projet où ces sentiments deviennent plus envahissants ? Vous trouverez peut-être un modèle. Le simple fait de prendre conscience des déclencheurs peut vous aider à contrôler cet état d’âme.

Prenez conscience de votre subconscient négatif et changez ces pensées en pensées positives. Ayez le courage de faire une introspection et prenez le temps d’analyser chacun des détails. Peut-être vous faudra-t-il un peu de temps. Mais avec un peu de recul, vous constaterez que ce processus est essentiel dans l’atteinte de votre objectif qui est de vaincre le syndrome de l’imposteur.

Heureusement, il existe une méthode toute simple qui permet de vaincre le syndrome de l’imposteur. Voici donc les 5 étapes qui permettent d’y faire face et d’enfin retrouver le niveau de confiance requis pour atteindre ses objectifs et mener à bien ses projets d’affaires.

Étape #1 : Prenez votre réussite en main

Une fois par semaine, faites le point sur vos succès, mais évaluez tout aussi bien vos échecs. Il s’agit d’une méthode très efficace pour prendre votre réussite en main. Soyez totalement ouvert et surtout honnête avec vous-même. De toute façon, vous ne gagneriez rien à vous mentir, vous n’impressionneriez personne et, de surcroit, vous ne feriez qu’augmenter considérablement votre sentiment d’être un « fraudeur ».

L’une des méthodes à privilégier consiste à inscrire, dans un journal, un cahier de notes ou si vous préférez une application en ligne, une liste de toutes les réalisations que vous avez faites au cours des 7 derniers jours. Dans la première colonne, insérez la tâche accomplie (par exemple : « J’ai présenté mon nouveau produit ou service à un client potentiel »). Dans la seconde colonne, écrivez la manière dont vous vous êtes senti (par exemple : à l’aise, stressé, anxieux, excité, etc.). Finalement, la dernière colonne devrait être vouée à l’aspect solution de la problématique (par exemple : je vais me filmer en présentant mon argumentaire de vente et je corrigerai les lacunes, je vais retravailler la séquence de ma présentation, etc.).

Cet outil vous donnera l’occasion de constater visuellement les étapes qui vous permettent de vous améliorer. Il vous procurera un plan écrit et défini. Plus vous serez prêt, plus votre niveau de confiance augmentera et cela vous aidera à cesser de vous attarder sur les éléments qui ne se sont peut-être pas déroulés comme prévu.

Étape #2 : Cessez de vous comparer

Acceptez-vous tel que vous êtes, avec vos forces et vos faiblesses. Il y a une différence notable entre s’améliorer soi-même et être meilleur que les autres. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais vous vous comparez possiblement à une autre personne. Prenez le temps d’y penser. Bien qu’il soit important d’avoir des modèles de réussite en tête, il ne faut pas que ces derniers aient un effet négatif sur la perception que vous avez de vous-même. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas encore obtenu l’immense succès commercial et la reconnaissance internationale de Steve Jobs avec Apple, ou de Jeff Bezos avec Amazon, que vous devriez amoindrir vos capacités à réussir. Inspirez-vous de ces grands hommes d’affaires, mais créez votre propre situation. Cessez de vous comparer, mais aussi de vouloir imiter les autres. Ne laissez jamais, sous aucun prétexte, la comparaison devenir un poison pour votre estime personnelle.

En fait, l’une des astuces consiste à travailler sur ce qui vous rend unique. Qu’est-ce qui vous différencie de vos collègues au travail ou de vos compétiteurs ? Quels sont vos principaux talents ? Si vous avez de la difficulté à les identifier, n’hésitez surtout pas à poser ces questions à vos amis ou aux membres de votre famille. Ces derniers ont probablement une perception totalement différente de vous et vous soumettront des idées nouvelles.

Étape #3 : Soyez clair sur la valeur que vous apportez

Avez-vous déjà réfléchi à la valeur que vous apportez aux autres ? Sinon, il est plus que temps que de s’y attarder ! Prenez une grande feuille de papier ou utilisez votre logiciel préféré et notez les 25 façons dont vous apportez de la valeur à vos collègues ou vos clients. Ne vous arrêtez pas avant d’avoir déterminé 25. Non seulement vous verrez à quel point vous êtes extraordinaire, mais vous aurez désormais une liste de résultats accomplis exceptionnels que vous pourrez partager, par exemple, dans vos communications marketing.

Cette étape vous demandera certainement d’y consacrer un temps considérable, surtout si vous l’effectuez le plus sérieusement du monde. Je vous propose aussi d’ajouter à cette liste les rétroactions reçues de la part de vos collègues, de vos clients, de vos fournisseurs et même de votre entourage immédiat. Ils ont une perception de vous qui diffère possiblement de celle que vous avez de vous-même. Cela vous convaincra peut-être, qu’après tout, vous êtes loin d’être l’imposteur que vous croyez !

Étape #4 : Sortez de votre zone de confort

Les croyances limitantes de « ne pas être suffisant » ou « être un imposteur » proviennent souvent du fait de ne pas prendre le risque de se prouver, à soi-même, que l’on est capable de faire plus. N’hésitez pas à sortir de votre zone de confort et à faire de nouvelles choses qui vous mettent au défi. Nul besoin de se lancer dans un grand projet terrorisant afin de sortir de votre zone de confort. Commencez simplement par faire des petits pas à l’extérieur de cette zone et évaluez votre ressenti. Avec ce risque, viendra potentiellement un grand sentiment d’accomplissement et de satisfaction. Vous grandirez en confiance et vous serez en mesure, à moyen terme, d’aller plus loin dans cette démarche et d’explorer de nouvelles opportunités. D’ailleurs, comme le disait si bien Albert Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. ». Voulez-vous changer ? Alors, osez !

Étape #5 : Soyez authentique

Partager votre histoire permettra aux gens d’avoir un plus grand sentiment d’attachement envers vous. Comme vous le savez déjà, vous êtes le seul à avoir cette histoire précise, ce qui vous aide à vous démarquer des autres dans votre domaine. Les gens veulent savoir d’où vous venez, comment vous en êtes arrivé là, où vous en êtes aujourd’hui et pourquoi vous faites ce que vous faites. Il est important de partager « votre valeur » pour qu’ils sachent que vous êtes la bonne personne avec qui communiquer.

Quand on est fier d’être soi-même, on ne peut pas être un imposteur. Vous pourriez, par exemple, prendre l’habitude de partager vos succès lors de vos prochaines réunions ou même sur les médias sociaux. Vos clients seront en mesure de constater que vous dégagez du positif et ils seront fiers de s’associer à vous en utilisant vos produits ou vos services.

L’envoi d’une infolettre par courriel est aussi une bonne méthode, car cette technique permet d’atteindre votre cible directement. Plusieurs services en ligne vous proposent des solutions tout à fait adaptées pour ce type de besoin. L’idée n’est pas de se vanter outre mesure, mais bel et bien de communiquer ses réussites. Soyez fiers de vous !

Conclusion

En somme, vous pouvez aussi parler de ce que vous ressentez avec vos collègues, vos enseignants, vos amis ou toute autre personne en qui vous avez confiance, mais vous devez vous permettre d’entendre et d’accepter toutes les bonnes choses qu’ils auront à dire sur vous.

Le secret c’est d’être totalement ouvert d’esprit et d’accepter le positif. Éliminez complètement les émotions négatives que vous entretenez sur vous-même. Pas si facile direz-vous ? Peut-être bien, mais il y a de fortes chances que si vous ne travaillez pas sur vous-même, vous n’arriverez pas à vaincre le syndrome de l’imposteur.

Le simple fait de consigner toutes vos réalisations professionnelles et personnelles et de mettre la liste dans votre portefeuille peut vous servir de référence utile lorsque vous vous sentez particulièrement déprimé.

Inspirez-vous aussi de celles et ceux qui ont réussi avant vous. Ne les imitez pas, mais soyez attentifs aux moyens qu’ils ont entrepris pour atteindre de si grands résultats. Vous aussi pourrez accéder à des postes de haut niveau.

Malgré tout, cela ne sera pas toujours facile. Soyez persévérant, donnez-vous du temps et gardez le cap. Après tout, de grandes et belles réussites vous attendent.

Dominique Blais

Director of Development and Campus Director, Collège Universel

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