IFG Live – Tensions au Proche-Orient : l’analyse économique de Philippe Dessertine

15 juin 2026 – Avec Philippe Dessertine, économiste, professeur à l’université Paris Panthéon-Sorbonne et directeur de l’Institut de Haute Finance

Tensions au Moyen-Orient, fluctuations des marchés énergétiques, blocage du détroit d’Ormuz, restrictions sur les technologies d’intelligence artificielle : le 15 juin 2026, l’IFG Executive Education organisait un IFG Live d’une actualité particulièrement brûlante. Philippe Dessertine a décrypté en direct les implications concrètes de ces bouleversements pour les dirigeants et leurs organisations.

La géoéconomie au coeur de toutes les décisions d’entreprise

Jamais la géoéconomie n’a exercé une influence aussi directe sur l’activité économique à toutes les échelles. Ce qui se passe dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, peut avoir des répercussions immédiates sur une PME française, une clinique marocaine ou une entreprise birmane. Cette interférence entre événements géopolitiques et réalité économique est structurelle. Les dirigeants doivent l’intégrer comme une donnée permanente de leur environnement.

Un moment charnière : désescalade militaire et nouvelles tensions technologiques

Le 15 juin 2026 marque un tournant : les premiers signaux d’un accord de paix entre l’Iran, les États-Unis et Israël sont annoncés. Les marchés réagissent immédiatement, notamment en Asie. Le prix du baril repasse sous les 90 dollars. Mais au même moment, la décision de l’administration Trump de bloquer le transfert des dernières avancées en intelligence artificielle introduit une nouvelle forme de blocage, non plus physique mais technologique. Deux entraves se superposent : le blocage des marchandises et celui des technologies.

Inflation, énergie et taux d’intérêt : la chaîne de transmission

 

L’énergie est le premier déclencheur des cycles d’inflation. La phase militaire récente a entraîné une hausse des prix du pétrole et du gaz, relançant des pressions inflationnistes que les banques centrales peinent à contenir sans pénaliser la croissance. BCE et Fed se trouvent dans une position délicate : remonter les taux pour juguler l’inflation, c’est aussi freiner les investissements et alourdir le coût de la dette des États.

La question du financement de la transition énergétique

La transition énergétique représente l’un des chantiers d’investissement les plus massifs de l’histoire économique moderne. Les coûts d’infrastructure sont souvent aussi élevés que ceux de la production elle-même. Philippe Dessertine met en garde contre la confusion entre discours politique et réalité opérationnelle. Les délais de déploiement sont longs, les financements complexes et les vulnérabilités bien réelles, comme l’a rappelé la grande panne électrique d’avril 2025 en Espagne et au Portugal.

Intelligence artificielle : ressource stratégique sous tension

Les restrictions américaines sur l’exportation des technologies d’IA les plus avancées créent de nouvelles asymétries entre économies. Pour les entreprises, la question n’est plus seulement celle de l’adoption de l’IA, mais celle de l’accès durable aux technologies qui la sous-tendent.

Ce que cela implique pour les dirigeants

 

Face à un environnement aussi mouvant, trois impératifs se dégagent :

  • Développer une lecture géoéconomique de son secteur : comprendre comment les équilibres mondiaux se traduisent en risques et opportunités concrets.
  • Renforcer la résilience organisationnelle : les crises s’enchaînent. La capacité d’adaptation rapide devient un avantage compétitif structurel.
  • Investir dans la formation continue : dans un monde en mutation permanente, la montée en compétences des équipes dirigeantes n’est plus optionnelle.

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